Sceaux et Armorial

AVERTISSEMENT

 

Le blason est porteur de multiples sens complémentaires : historique, spirituel, psychologique, hermétique, tous initiatiques, selon des degrés divers. Nous tenterons ici un regard au seul plan hermétique, alchimique, ce qui ne surprendra pas compte tenu du lieu où nous nous trouvons.

Certains blasons ou sceaux de Loges ne pourront pas faire l’objet d’un blasonnement selon les règles de l’héraldique.

En effet, la composition de ces blasons et sceaux, en la plupart des occurrences, repose sur des symboles égyptiens qui obéissent à des tracés spécifiques et complexes : emblèmes ou personnages figuratifs ou stylisés selon une symbolique propre, le cas échéant multiplicité de ces emblèmes, hiéroglyphes, couleurs souvent non héraldiques.

En tant que tels, ils ne sont pas adaptés à la Noble Science et ne se prêtent donc pas à un blasonnement qui soit, non seulement lisible ou audible, mais réellement opératif.

Le blasonnement est la recréation du blason par le verbe dans l’instant, donc paradoxalement « en toute éternité ». Il s’agit là, d’ailleurs, du mode le plus initiatique et par conséquent le plus efficace (au sens théologique) de la « monstrance » du blason et l’un de ses secrets spirituels les plus puissants quoique parmi les moins connus.

Car le blasonnement n’est pas seulement une description en termes techniques, plus ou moins poétiques, mais un souffle vital, un rythme (nombres, poids et mesures) qui manifeste l’élan vital et spirituel qu’il incarne et, au sens plénier, porte.

Lorsqu’il n’est pas possible de réaliser un tel blasonnement et qu’il n’est pas non plus envisagé de modifier le blason ou le sceau qui s’inscrit dans sa logique spécifique (Rites Égyptiens), il devient impératif de ne pas tenter de forcer ce « passage ».

Car nous n’aurions, au final, qu’une description profane alourdie et, pire encore, cacophonique : ce syncrétisme qu’il faut toujours fuir. Bref, une lettre morte, loin de ce souffle porteur de lumière du blasonnement authentique.

 

Mikaël 

Roi d’Armes

Luigi, Chevalier d’AQUINO

« Ecartelé au un et quatre, bandé d’or et de gueules, la bande élargie en pointe dextre et en chef senestre, aux deux et trois coupé de gueules et d’argent au lion de l’un en l’autre, armé et lampassé d’or ».

Un écartelé qui présente deux blasons :

 

Aux 1 et 4 un bandé d’or et de gueules (donc en nombre impair) quoique original, lui aussi, puisque chaque angle dextre et senestre offre une « couleur » (le gueules et l’or) plus large que les deux autres bandes comme pour insister sur le « point de fondation » et le « point d’assomption ». L’agent transmutatoire comme dynamique fondatrice et l’état glorieux aurique comme assomption de la Matière.

 

L’or indique précisément cet état aurique de la Matière transmutée, l’or potable des Philosophes, l’Elixir et le gueules, la pierre qui a permis sa naissance. Le tracé « en bandes » souligne l’essor sublimant des agents de transmutations qui élèvent la Matière et le Philosophe par le Feu dans une  unique opération, spirituelle et matérielle à la fois.

 

Aux 2 et 3, il s’agit d’un coupé de gueules et d’argent qui invite à considérer l’action de la pierre parfaite sur les eaux du mercure. Un lion (le souffre que l’on peut qualifier de vital) qui figure, en termes héraldiques, de l’un en l’autre vient révéler qu’il agit en un lien et en un liant secret entre ces deux éléments, et qu’il « passe » de l’un à l’autre pour les unir en une seul nouvelle Matière aurique, ce qu’indique discrètement la langue et les griffes d’or : le lion, en effet, est armé et lampassé d’or.

Robert AMBELAIN

« Parti au un d’or au lion de sinople armé et lampassé de gueules surmonté d’une étoile de gueules, au deux d'azur au lion d’argent armé et lampassé de gueules ».

Parti au 1 : l'or du champ, comme on l'a dit, est l'état glorieux de la Matière, enfantée à elle-même par l'Adepte. Le lion vert apparait comme le premier agent avant le gueules, dont il est secrètement porteur, comme un état "avant-coureur". D'ailleurs c'est ce qu'indique le gueules des griffes et de la langue. Combat entre ce lion vert qui agit et le lion rouge qui accomplit l'action : en fait, c'est le lion lui-même qui se transmute dans ce combat avec soi-même, le premier état ayant quelque peine à "s'effacer" pour qu'émerge le second.

C'est l'étoile qui surmonte ce lion qui sera donc son guide : elle est précisément de gueules parce qu'elle est au-dessus de ce combat, à la fois dans le temps et dans la nature des opération du Grand Oeuvre. Ce souffre ou feu du Ciel oriente le lion et lui permet d'accomplir sa permutation et donc son action dans la Matière.

 

Au 2 : l'azur du champ renvoie à ce premier état de la Matière, au noir de l'étape essentielle à toute aurification de son être. Le lion d'argent armé et lampassé de gueules révèle les secrets suivants : les griffes de gueules sont le signe que l'or est le fruit de l'agent igné, qu'il porte toujours en lui et qu'il agit par lui, tandis que la langue de gueules se rapporte à la Connaissance des Sages, principe même de la pertinence de l'action de l'Adepte sur la Matière Première.

Alexandre, Comte de CAGLIOSTRO

« Parti coupé au un d’or à la caille de sable, au deux de gueules plain, au trois d’azur plain ».

Le mi-parti-coupé renvoie aux trois agents de l’Oeuvre et à ses trois étapes principales. L’azur plain du coupé, qui équivaut ici au noir, au sable donc (nigredo), insiste sur le premier état de la Matière et les travaux d’Hercule de la préparation de la Matière Première. Enracinement et débuts.

 

A senestre le gueules plain lui aussi image à la fois le souffre comme agent moteur de la transformation de la Matière et la pierre de transmutation elle-même en son état achevé (poudre de projection).

 

A dextre l’or indique l’état aurique de la Matière transmutée, l’or potable des Philosophes, l’Elixir. La caille de sable illustre en un jeu de mots le nom du porteur du blason : Cagliostro et caglia (la caille en italien). Sable, elle rappelle sans doute, l’humilité de l’Adepte, quelque soient ses progrès dans la Sainte Science. De plus, comme tout oiseau, elle évoque le principe ailé de l’agent mercuriel qui fait « essorer » la Première Matière.

François, Marquis de CHEFDEBIEN d’ARMISSAN

« D’azur à la fasce d’argent accompagnée en chef d’un lion léopardé d’or armé et lampassé de gueules et en pointe d’un lion léopardé d’or contourné armé et lampassé de gueules ».

L’azur du champ renvoie à ce premier état de la Matière, au noir de l’étape essentielle à toute aurification de son être. La fasce s’inscrit dans le même symbolisme de la ceinture et du miroir que nous venons d’évoquer. La Matière est Une mais multiples sont ses transformations et recommencées sont les opérations au Laboratoire et à l’Athanor. Ici le « jeu de miroirs » est encore plus évident avec les deux meubles du blason : un lion léopardé d’or armé (les griffes) et lampassé (la langue) de gueules, celui du chef (au-dessus de la fasce) tourné vers dextre et celui de la pointe (au-dessous de la fasce) « contourné » (tourné vers senestre). Un rébus qui fait songer à cet axiome de la Table d’Emeraude : « ce qui est en haut est semblable à ce qui est en bas ; et ce qui est en bas est semblable à ce qui est en haut, pour accomplir le miracle de l’Unité » comme aussi au symbole bien connu de l’arbre inversé.

 

Le lion est le principe mâle du souffre. Il est l’agent igné. ; léopardé signifie, en termes héraldiques, qu’il présente sa tête face à celui qui contemple le blason (alors que le lion a, par principe, la tête de profil, qui regarde donc à dextre). Mais c’est le même animal, car le léopard, n’est autre que le « lion du Paradis », le lion gardien du Paradis : il fait face à quiconque se tient à l’entrée et en défend l’entrée à celui qui n’est pas digne d’y être admis, mais salue et invite celui qui présentes les vertus qui sont précisément ses clefs. Le parfait Philosophe par le Feu apprivoise le lion et s’en fait un allié. Ainsi, maîtrise-t-il ces clefs du Paradis, autrement dit de la Pierre Parfaite qui transmute la Matière vile en or : la Matière déchue en son corps aurique ressuscité. 

 

Les griffes de gueules sont le signe que l’or est le fruit de l’agent igné, qu’il porte toujours en lui et qu’il agit par lui, tandis que la langue de gueules se rapporte à la Connaissance des Sages, principe même de la pertinence de l’action de l’Adepte sur la Matière Première.

Michel, Comte GAUDART de SOULAGES

« Tiercé en pairle au un d’or au soleil de gueules, au deux d’or à la bande d’azur chargée de trois défenses de sanglier d’argent, au trois d’azur au chevron d’or accompagné en chef de deux rocs d’échiquier du même et en pointe d’un lion aussi d’or tenant une épée haute d’argent ».

Le tiercé en pairle évoque le pallium épiscopal.

 

Au 1 qui est la partie supérieure en forme de triangle inversé : l’or du champ incarne l’état immuable et principiel de la Matière Noble dans son être recouvré, restauré. En son sein, en son cœur un soleil de gueules comme le rappel d’un cœur de souffre et de feu qui l’a conduit à cet état et qui en demeure la source vive, un moteur éternel et immobile rayonnant silencieusement à travers tout le champ du blason. Par ses 16 rayons (8 droits : feu et 8 ondulés : eau, alternés), ce soleil embrase et irrigue toute l’être de la Matière et fait mûrir ce champ en or philosophal : élixir de Vie neuve (le neuvième rayon, en un centre impondérable et qui se conjoint précisément au cœur – à l’abîme - du champ).

 

Au 2 (qui est à dextre) : l’or du champ est, comme on l’a dit, cet état immutable de la Matière transmutée (glorifiée) au terme des opérations de l’Adepte. La bande d’azur, qui est ici également le noir du premier état de la Matière et des premières œuvres de l’Artiste par le Feu, indique par sa position « essorante » (dynamique d’un envol) que cette Matière se permute en or dès lors qu’elle atteint, s’unit et se confond avec le point dextre du chef : « lieu » et source principiels de toute lumière ; de cet or qui est le champ (élyséen, donc céleste) du blason. Elle porte, comme parturiente, trois défenses (trois boutoirs) de sanglier d’argent, ce qui peut être compris comme un rappel des trois agents alchimiques et des trois phases majeures du Grand Œuvre qui l’édifient en son ascension, comme les trois marches de l’autel d’orient. 

 

Mais c’est bien son désir de la Lumière qui les porte dans cet essor vers « le point du chef ». Ces défenses révèlent surtout la secrète présence du sel, agent premier et essentiel, qui sublime la Matière Première vers son état aurique principiel. Quant au sanglier, c’est la « bête noire » de Vénerie : nigredo qui, par l’ensemencement salin, opère la première phase vers son albification. D’ailleurs, ne sont-elles pas justement d’argent…

 

Au 3 (qui est à senestre): l’azur du champ incarne ce premier état de la Matière (au noir, puisqu’ici l’azur équivaut au sable), étape, état essentiels à toute aurification de son être. L’humilité de cette première Matière  appelle et enfante sa transmutation en lumière d’or : les meubles du blason. Le chevron (meuble principal) qui, tel un éperon - et image du souffre - entretient le désir de l’En-Haut, l’état restauré de la Matière Première par l’œuvre de l’Artiste en Hermès. Ce dernier ne doit-il pas veiller sur son athanor comme une mère sur son enfant ?

 

Les rocs d’échiquier (qui accompagnent le chevron en chef) signent la présence et l’action du mercure qui traduit la Première Matière et incarne sa cuisson finale, son assomption aurique et donc son retour à l’état glorieux. L’échiquier évoque la complexité du travail, les multiples états transitoires de cette Matière, les aléas de ce « jeu », hermétique à plus d’un sens, le combat chevaleresque qu’il y faut également mener contre soi-même et les impondérables des opérations du laboratoire.

 

En pointe, enfin, un lion d’or armé d’une épée d’argent : souffre (le lion) et sel (l’épée) qui oeuvrent en silence, au début de la quête, et sans lesquels celle-ci n’aboutirait jamais.

Gérard KLOPPEL

« De gueules à deux salamandres contre-passantes d’argent dans leur patience d’or ».

Le champ de gueules image la puissance de Transmutation, la Pierre Philosophale qui conduit à l’enfantement aurique. Le champ est immuable car la Pierre aussi est parfaite, immarcescible et incorruptible.

 

Les deux salamandres renforcent ce symbolisme et cette lecture : ces animaux fabuleux, on le sait, vivent par et dans le feu, qu’en termes héraldique on appelle leur « patience » (ce terme peut désigner à la fois la salamandre dans le brasier au sein duquel elle repose ou seulement ce brasier). Elles sont d’or car elles ont réalisé leur transmutation finale en or de Résurrection et posées « têtes bêches » - ce que signifie l’expression héraldique  « contrepassantes » dans la même symbolique du jeu de miroir que nous avons évoqué pour un blason précédent. Elles sont aussi « embrassées », ce qui indique qu’elles sont comme enlacées. Cet enlacement évoque une gémélléité, une action subtile opérant dans les plans subtile et matériel à la fois.

 

La patience (dans la pleine et double signification du terme : souffrance et longue attente) du Philosophe par le Feu, au cours de sa quête orante et laborante. Puis enfin, « au terme heureux de ses recherches », la réalisation de l’or des origines qui est simultanément celui de l’accomplissement. La Parousie de la Matière de l’Oeuvre, pourrait-on oser dire…

Léopold Georges, Comte de SAINT-GERMAIN - Prince RAKOCZY

« D’or à la fasce de gueules ».

Le champ indique l’état glorifié de la Matière parvenue à sa pleine maturité solaire, permanent et stable. La fasce est comme la ceinture autour des reins de l’Amoureux de Science, dont il se revêt, comme le faisait jadis les pèlerins (Saint Paul le premier de tous) pour le protéger dans les périlleuses pérégrinations des opérations du Laboratoire. Elle traverse ce champ comme un miroir et un pont, entre les états de la Matière en devenir. Horizontale, elle signe une écoute, une attention, une réceptivité de la « musique des sphères » que le Philosophe par le Feu aspire à entendre.

Raimondo di SANGRO, VII° Prince de San Severo

« De gueules au lion de vair, la tête et les pattes d’or, lampassé de gueules ».

Le gueules du champ révèle la présence et l’action transmutatoire de la Pierre parfaite. Le lion en est un des agents essentiels : le souffre Il se présente ici de manière très originale puisque son corps est de vair : alternances de petites cloches d’argent et d’azur. Cela nous indique que, sous les vertus de la Parole de vie du sage - le son des cloches - qui appelle à l’oraison avant le travail au laboratoire (ora et labora), ce souffre compénètre et actionne le mercure d’argent et le premier état de la Matière encore privée de sa vie spirituelle et comme morte (l’azur autrement dit le noir ou nigredo).

 

Les pattes et la tête du lion sont déjà transmuées en or, comme preuve de l’acte recréateur de l’Adepte, et la langue de gueules du lion renvoie à nouveau à cette connaissance d’intériorité et à cette parole de feu (le souffre) qui donne la vie « neuve » à la Matière.

Théodore, Baron de TSCHOUDY

« D’or au lion de gueules couronné d’or à enquérir tenant une épée haute d’argent, au chef d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or ».

Le champ du blason signe l’état aurique de la Matière Première réintégrée en son corps de gloire « terme heureux » de la transmutation. Le lion de gueules révèle l’agent transmutatoire, la pierre philosophale et le souffre qui l’anime intérieurement et l’a aidé à se parfaire tandis que l’épée d’argent dont ce lion est armé évoque le sel sans lequel tout travail au laboratoire est stérile ; le sel qui est le feu des « cœurs d’amour espris ». Ce lion est couronné d’or afin d’affirmer la noblesse des agents concourant à la coction de la pierre parfaite et à l’état royal dont ils revêtent la Matière Première en s’y incorporant.

 

Le chef est de France où l’azur reprend la Matière en son état Premier mais où éclosent, en son état glorifié, les trois lys d’or de sa Résurrection sous la triple puissance des agents philosophiques.

Ordre du Sanglier Blanc

« De sinople au sanglier arrêté d’argent défendu du même ».

Enclos dans une bordure d’or entrelacée

Sceau de forme ronde

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