Symbolisme :

La lumière verte du Naos

Plusieurs d'entre vous m'ont demandé quelle était, lors d'une tenue au rite de Memphis-Misraïm, la couleur du flambeau allumé (ou lampe, généralement une bougie) figurant sur le Naos.

Tout d'abord, il faut se rappeler que le Naos est la petite chapelle située au fond des temples égyptiens, dans l'obscurité, et abritant le "saint des saints", un tabernacle fermé en bois ou en pierre (pour les grands temples). A l'intérieur, la statue "vivante" (présence réelle) de la divinité. C'est l'équivalent de la shekina du temple juif de Jérusalem, l'habitation de la présence divine qui se manifeste. De même nature est le tabernacle sur l'autel des chrétiens abritant le ciboire contenant les hosties, vrai corps du Christ sous la seule apparence du pain.

Memphis, en égyptien se disait "Hat'ka'Ptah" (demeure du ka de Ptah) et son temple était dédié durant l'Ancien Empire au dieu principal, Ptah (celui qui ouvre). La couleur verte lui était attribuée comme le créateur et le stabilisateur, le démiurge qui a pensé le monde dans son cœur et l'a réalisé par le verbe.

Ptah, dieu momiforme, fut associé, sous l'Ancien Empire, d'abord au dieu des nécropoles memphites, Sokar : "Ptah-Sokar" puis au Moyen Empire à Osiris, dieu aussi momiforme et juge des défunts, d'où un dieu trinitaire, syncrétisme des trois dieux : "Ptah-Sokaris-Osiris". 

Ce dieu trinitaire est représenté traditionnellement le visage vert, comme Osiris, le "dieu à la face verte" qui symbolise la résurrection à la vie éternelle, la renaissance. 

Derrière le terme de re-naissance, naissance à nouveau, se cache une vérité plus ésotérique. Il s'agit du rayonnement de source cosmique d'où émanent des radiations vertes qui non seulement désintègrent les résidus psychiques (d'où naissent les démons), mais, qui mutent et divinisent car douées d'un pouvoir de régénération en captant l’énergie solaire et la transformant en souffle vital. La réintégration à notre divinité originelle passe par la destruction de notre matérialité, effectuée par la maîtrise des énergies vibratoires, transmise dans le secret de notre héritage, ce que nous nommons à Memphis-Misraïm : le "secreto secretorum". 

Le verbe de Dieu n'est-il pas un jet de lumière verte, énergie vitale de la perpétuelle création ? 

Véritable épicentre de la science égyptienne, on enseignait au temple de Ptah la magie des métaux (l'alchimie), et la magie du son.

Il ne s'agit pas ici de l'alchimie profane mais celle qui concerne les radiations mutantes de "l'initié". Quant à la magie du son, il s'agit des vibrations sonores agissant sur l'essence de la matière ou "esprit de la matière". Ceci est expliqué dans les Arcana Arcanorum enseignés aussi par le Rite de Memphis-Misraïm. 

Pour revenir au temple de Ptah, il comportait un naos taillé dans un bloc de basalte vert posé sur une base en granit rouge. A l'intérieur de celui-ci, une plus petite armoire scellée abritant la statue du dieu en or, le visage taillé dans une émeraude. L'or, chair des dieux, qui sous forme de lame translucide est de couleur verte. 

Le dieu pouvait être aussi en granit vert, matière qui permet assez facilement de "charger" la statue par un procédé secret, à l'instar actuellement des statues indiennes de certains temples du sud de l'Inde. 

Par ailleurs, les portes du naos sont nommées dans les textes égyptiens « les portes du ciel ». Ouvertes, elles permettent de voir la Lumière d’origine corporifiée et représentée par le dieu. Elle peut aussi prendre la forme du disque solaire (ailes d’Horus). 

En alchimie (al Khemit=Egypte), le lion vert est la force mutante qui rend vivant la matière qui se transmute, c'est par lui que "tout reverdit et croît dans la nature".

De ce qui précède, vous comprendrez aisément que la couleur du flambeau allumé figurant sur le naos est VERTE.

En complément, à signaler que certains de mes prédécesseurs ont voulu représenter le naos uniquement par un autel triangulaire. Pour Robert Ambelain, l'autel était un fragment d'obélisque !

Un petit tabernacle, de base carrée, ouvrant sur l'Est et reposant sur un autel triangulaire (pyramide à deux dimensions), serait plus approprié.

Pour terminer, et comme vous le savez sans doute, notre "frère aîné", Cagliostro, pour concevoir ses rites s'est largement inspiré à Naples de la pratique des rites en l'honneur d’Osiris et de Ptah.

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