Lettre au

Grand Hiérophante

T∴S∴F∴ Michel GAUDART de SOULAGES,

Ces quelques lignes amicales pour te féliciter de tenter cette aventure d’unir ce qui est épars.

« Là où existe une volonté, existe un chemin. » (Guillaume d’Orange)

Le Sérénissime Grand Hiérophante du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm m’a fait la courtoisie de me demander de participer à un Symposium et, comme je sais que ce qui réunit les membres des rites égyptiens se réfère à la notion d’Ordre Initia­tique, je vais essayer de témoigner de quelques années de quête inconditionnelle.

Tout d’abord un premier constat, exprimé par le frère Gustav Meyrinck dans Le visage vert (1916) :

« Il n’est rien dont l’homme ne soit aussi fermement convaincu que d’être éveillé, alors qu’en réalité il est captif d’un filet de sommeil et de rêve qu’il a confectionné lui-même. »

Être éveillé est tout. Sois éveillé dans tout ce que tu fais ! Ne crois pas que tu l’es déjà. Non, tu dors, tu rêves.

La première étape est donc cette quête très difficile de l’état d’éveil, son état objectif, ou satori, selon les termes. Selon Mey­rinck :

« Devenir maître de ses pensées est une méthode païenne vieille comme le monde pour devenir réellement un surhomme. »

Elle permet d’atteindre l’autre rive.

La Loge doit être l’instrument de la conquête de l’instant pré­sent rappelé par la notion d’Axe. « Il est midi, il est minuit », « chambre du milieu », etc… les coups de maillet rappelant le rê­veur à l’instant.

Cette quête est extrêmement difficile, car beaucoup s’y lancent et peu se réveillent, vécus par leurs pensées et leurs émotions dans ce mental qui fluctue sans cesse du passé vers le futur et vice-versa.

La présence à l’instant passe par plusieurs étapes :

  • Conscience du corps physique

  • Perception visuelle

  • Perception auditive

  • Conscience plus tard de son propre discours intérieur (son plus image)

  • Conscience de ses gestes et paroles

 

Ainsi le quêteur se construit une réintégration progressive de ce qui est ici et maintenant, conscience qu’il s’agira par la suite de maintenir aux moments de crises graves… et dans l’action, car il est dit qu’il ne faut pas figer la pratique.

L’étape ultérieure de la quête, qui ne saurait arriver que lorsque le miroir du mental est poli, consiste à approcher à travers la théurgie sa propre nature céleste, qui est le soleil des philosophes ou corps solaire, lequel ne peut apparaître que si le mercure (men­tal) et la lune (émotions) sont asséchés par le vécu permanent de l’éternel présent.

Ce corps, appelé aussi ange de lumière, peut ouvrir les portes de la sagesse si l’initié est honnête et a brûlé une bonne partie de son karma. Dans tous les cas, il faut avoir la vision à la fois du guerrier et du prêtre comme dans le taoïsme antique, manière d’être fort éloignée de la vision bourgeoise du monde, si en vogue dans nos obédiences.

Il est évident que la voie successive est celle des immortels vo­lants, connue des anciens frères de la Rose Rouge et de la Croix d’Or comme le précise Gérard Heym : « Les Rose-Croix s’atta­chent principalement à la poursuite du but véritable et ultime de l’alchimie et de l’organisation rosicrucienne : l’immortalité indivi­duelle obtenue dès ici-bas. En cela, ils suivaient les antiques tradi­tions telles qu’elles sont libellées dans les textes égyptiens et dans les livres taoïstes ». Le conseiller Johann Friedrich Schmid, mort en 1761, fit ainsi l’expérience de ressurgir dans un corps clarifié après son décès.

Comme les Frères avertis le savent, la voie interne utilise uni­quement les substances corporelles, particulièrement tigre et dra­gon, entrainée dans un processus rotatif, jusqu’à ce que l’ibis prenne son envol.

Les voies externes partent de substances extérieures qui vont aussi entrer dans une rotation, mue cette fois par un feu sacré mais extérieur, vie évidente pour les réalisés.

Il faut prévenir les maçons audacieux que la quête et les états supérieurs de conscience peuvent le entraîner dans des aventures peu compatibles avec le quotidien de l’humain endormi, et à des rencontres extraordinaires.

Si un groupe de chevaliers pouvait entreprendre cette quête, alors les rites égyptiens auraient accompli leur objectif.
J’ai dit,

HIC ET NUNC

A tous les hommes de bonne volonté

Le 19 septembre 2009

 

Par Jean-Pierre GIUDICELLI de CRESSAC BACHELERIE 97°
Ancien conservateur du Rite de Misraïm et Memphis
Ancien Grand Maître du Rite de Misraïm AA
Ancien membre de la Loge d’Amon de l’Ordre Osirien Egyptien

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